Dissertation corrigée · Manon Lescaut

Dissertation corrigée : Manon Lescaut fait-il l'éloge du plaisir ?

Abbé PrévostParcours : Personnages en marge, plaisirs du romanesqueMis à jour le 3 juillet 2026
Sujet

« Manon Lescaut » fait-il l'éloge du plaisir ?

Introduction

Un roman peut-il célébrer le plaisir tout en prétendant instruire ? Publié en 1731, Manon Lescaut de l'abbé Prévost raconte la passion du chevalier des Grieux pour une jeune femme éprise de luxe et de jouissance. Associé au parcours « personnages en marge, plaisirs du romanesque », le récit séduit par ses aventures, mais s'ouvre sur un « Avis de l'auteur » qui annonce une leçon morale. Manon Lescaut fait-il l'éloge du plaisir ? Nous verrons d'abord que le roman est bien un roman du plaisir, puis que ce plaisir est constamment puni, avant de montrer que le plaisir romanesque naît précisément de cette ambiguïté.

I. Un roman du plaisir

Tout, dans le récit, tourne autour du plaisir : celui de Manon, attirée par le luxe et la fête, et celui de Des Grieux, prêt à tout sacrifier pour la passion. Les scènes de bonheur, de séduction et d'argent dépensé font du plaisir le moteur de l'intrigue.

À ce plaisir des personnages s'ajoute le plaisir du lecteur : rebondissements, coups de théâtre, émotions fortes. Le romanesque lui-même est une source de jouissance, et le lecteur suit les amants avec fascination, presque avec complicité.

II. Un plaisir puni

Mais ce plaisir se paie. Trahisons, emprisonnements, ruine, déportation : chaque jouissance entraîne une chute. La mort de Manon dans le désert de Louisiane sanctionne tragiquement cette course au plaisir.

L'« Avis de l'auteur » revendique d'ailleurs une portée morale : le récit montrerait les dangers de la passion. À ce titre, le roman ne ferait pas l'éloge du plaisir mais en dénoncerait les excès et les conséquences funestes.

III. L'ambiguïté, source du plaisir romanesque

Faut-il alors trancher ? Le roman tire justement sa force de son ambiguïté. Prévost ne condamne jamais tout à fait ses héros : le récit à la première personne invite à comprendre, sinon à excuser, leur passion. Le lecteur juge et s'attendrit à la fois.

C'est là le vrai « plaisir du romanesque » : jouir du spectacle de la passion tout en étant averti de ses dangers. Le roman ne fait ni l'éloge simple ni la condamnation nette du plaisir : il le donne à éprouver dans toute sa séduction et son vertige.

Conclusion

Manon Lescaut ne fait donc pas l'éloge naïf du plaisir : il en montre l'attrait irrésistible autant que le prix mortel. C'est de cette tension entre séduction et morale que naît le plaisir de lecture, ce « plaisir du romanesque » qui donne son sel au parcours. Cette ambiguïté féconde annonce les grands romans de la passion du XIXe siècle.

Vos fiches de révision, gratuites

Méthode de la dissertation, plans types et sujets corrigés en PDF pour réviser sereinement.

Télécharger gratuitement

Cette dissertation est un corrigé proposé à titre d'exemple pour vous entraîner : inspirez-vous-en, mais rédigez toujours votre propre devoir.

Télécharger les fiches de révision gratuites